Le Failler, ou la promesse de trouver le livre recherché

Fondée en 1925, la librairie Le Failler constitue à Rennes, avec ses 90 000 références disponibles, une véritable institution. Mais dans un monde du livre en plein bouleversement, l’ancienneté ou la taille ne suffisent plus. Pour Louis Birard, co-responsable du rayon Poches de la librairie rennaise, ce sont les capacités de conseil et de recommandation qui permettent de créer une relation de confiance avec le client, rendant le métier de libraire d’autant plus passionnant.
Le Failler fait partie de ces quelques grands noms français de la librairie Indépendante. Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur son histoire et ce qui fait l’identité de votre librairie ?
Le Failler, c’est une histoire de plus d’un siècle de librairie ! Fondée en 1925, elle s’est métamorphosée au fil des ans pour s’adapter au besoin de ses clients ainsi qu’aux changements du milieu du livre. La librairie a déménagé à plusieurs reprises pour se situer aujourd’hui à côté de la place du Parlement de Bretagne, rue Saint Georges, en plein cœur du centre-ville rennais. Depuis peu, la librairie principale s’est enrichie de deux annexes : la première dédiée aux beaux-arts et la seconde à la vie pratique (cuisine, jardinage, sport ou développement personnel). Pour beaucoup, c’est une institution et la promesse de trouver souvent le livre recherché. Sa force repose à mon sens sur la qualité d’accueil et de service ainsi que sur la richesse de son catalogue. C’est plus de 90 000 références qui sont disponibles. Un vrai bonheur !
Vous êtes responsable (ou co-responsable) du rayon Poches. Quel est le profil de votre clientèle et quel type de livres vient-elle chercher chez vous ?
Oui, je suis co-responsable avec deux personnes du rayon Poches. Je peux presque dire que c’est une librairie dans la librairie. L’offre est pléthorique et nous avons la chance de conserver un fonds remarquable permettant de proposer une très large gamme d’ouvrages. Notre clientèle est éclectique : de nouveaux lecteurs cherchant des pépites à se mettre sous la dent, des étudiants venant récupérer leurs prescriptions ou nos habitués souhaitant les dernières nouveautés. Nous avons la chance de faire beaucoup de conseils et d’avoir des retours de la part de notre clientèle. Cette part de conseils et de recommandations est vraiment le pilier de notre métier, et ce que nous aimons le plus.
Quelles sont, selon vous, les qualités que se doit d’avoir un libraire en 2026 ?
Je pense que la curiosité, l’empathie, le sens de l’écoute et une capacité de gestion sont les qualités premières d’un libraire. Elles peuvent bien évidemment être étayées par d’autres mais je dirais que c’est le cœur du métier. Savoir se mettre à la place d’une personne qui vient demander conseil est très important afin de la conseiller au mieux et de créer cette relation de confiance qui le fera revenir. Je conclurais en soulignant la nécessité de se tenir informé des différentes actualités et d’ouvrir en permanence ses champs d’intérêts.
Plusieurs grands réseaux de librairies connaissent actuellement des difficultés. Cela signifie-t-il qu’entre crise énergétique et nouvelles habitudes d’achat, le secteur du livre ait selon vous besoin de se réinventer ? Les pouvoirs publics ont-ils ici un rôle à jouer ?
Depuis plusieurs décennies, le secteur de la librairie a traversé des évolutions importantes et a néanmoins su résister et se réinventer. L’arrivée de grands sites internet marchands ou l’éclosion des liseuses auraient pu complètement éroder le marché des librairies. Et pourtant, tous les jours, nous constatons que de nombreuses personnes se déplacent pour avoir le conseil d’un libraire et profiter des sélections et présentations éditoriales offertes en magasin. Néanmoins, les crises rapprochées, qu’elles soient économiques ou politiques, entraînent des bouleversements et ont malheureusement un effet délétère sur le secteur de la librairie. Je n’ai pas spécialement de réponses adéquates mais je crois que les pouvoirs publics doivent encourager la société à la lecture, à chérir leurs librairies et leurs bibliothèques afin de jouir pleinement du pouvoir de la lecture.
Les dédicaces d’auteurs et les salons du livre ont-ils toujours autant d’importance aujourd’hui ?
Tout à fait ! Ce sont des évènements particulièrement plébiscités par notre clientèle. Nous avons la chance d’avoir des rencontres régulières tout au long de l’année abordant des thématiques diversifiées : littérature, société, sport ou témoignage par exemple. Ainsi, tout le monde peut trouver son bonheur parmi la richesse de l’agenda offert par la librairie Le Failler. Nous recevons parfois dans notre salle de rencontre à la librairie, mais aussi dans un second lieu, l’espace Ouest-France, petit auditorium qui permet d’augmenter la jauge d’accueil. Les salons sont aussi un temps fort pour la librairie, tel que le festival Étonnants Voyageurs à Saint-Malo, Rue des Livres à Rennes, le Festival du Livre Militaire à Saint-Cyr ou encore L’Ouest-Hurlant également à Rennes. Ces festivités sont autant de moments riches pour rencontrer les auteurs et autrices ainsi qu’une clientèle nouvelle et faire découvrir le nom de la librairie.
Quels sont les projets de développement de Le Failler ?
Je pourrais plutôt répondre par les projets qui animent le rayon Poches dont je m’occupe, à savoir perpétuer l’enrichissement du fonds et faire vivre le maximum de livres, mais aussi continuer à mettre en avant beaucoup de maisons d’édition, en particulier les plus petites, afin de les faire connaître au plus grand nombre. De manière plus globale, c’est de pérenniser l’activité et de réussir à s’adapter aux différentes mutations que nous rencontrons !

